6 novembre 2009...20:22

Lyon, taille champion

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Après l’exploit réalisé à Anfield 2 semaines auparavant, les Lyonnais recevaient les Reds à Gerland dans l’optique de se qualifier pour les huitièmes de finale de la Ligue des Champions dès leur 4ème match de poule. Les Anglais de Liverpool, eux, venaient en France en quête de 3 points primordiaux afin de rester dans la course à la qualification pour la suite de la compétition. Les Reds, pourtant si habitués de ce rendez-vous européen, n’avaient pas encore montré leur vrai visage. Espérant un nouveau départ grâce au match retour contre l’OL, les Anglais allaient vite déchanter. Une habitude cette année.

Le film du match :

Les Lyonnais ont réalisé, hier, leur match de ligue des champions 2009/2010 le plus ennuyeux pour leurs supporters. Témoins de cela, les chants des supporters lyonnais qui ont résonné dans toute la ville pendant 80 minutes. Le plus ennuyeux mais aussi le match le plus prolifique au niveau des blessures. En effet, en 40 minutes, Claude Puel avait déjà utilisé deux changements sur les trois possibles à cause des sorties sur blessure de Réveillère à la 18ème et de Pjanic à la 40ème, remplacés respectivement par Gassama et Ederson. Pendant ce temps, les Anglais dominaient les débats. Plusieurs occasions de buts s’offraient à eux mais par un souci de réalisme et de réussite, ni Torres à la 12ème, ni Kuyt à la 17ème ou encore Voronin à la 28ème n’arrivaient à trouver la clé pour battre un Hugo Lloris impérial. Côté lyonnais, Lisandro Lopez, insatisfait de son placement à gauche de l’attaque, ne montrait pas l’étendu de ses talents. L’OL n’arrivait pas à reprendre le contrôle du ballon … et quittait le terrain à la mi temps dans cette situation. Heureusement, la causerie du coach, Claude Puel, sembla payer car les coéquipiers de Cris revenaient de la pause avec de meilleures ambitions. A la 48ème et à la 57ème, Ederson et Bastos s’essayaient au tir, l’un du pied, l’autre de la tête, mais les occasions n’étaient pas cadrées. Sur coup franc, Kallström n’avait pas la même réussite que Wendel un jour avant . C’est alors que Babel, éternel espoir, rentra en lieu et place de Voronin. S’en suivit la plus nette occasion anglaise. Lloris réalisa un arrêt Omeyerien sur une frappe de Leiva et Cissokho dégagea, sur sa ligne, un retourné de Kuyt dans la foulée. Les cages du portier français chauffaient. Et malgré un temps fort lyonnais dû au replacement de Lopez dans l’axe de l’attaque lyonnaise, les filets des Gones explosaient sous un coup de pétard signé de l’Hollandais Babel des vingt mètres. L’OL semblait abattu par ce coup du sort et se résignait alors à une défaite. C’était sans compter sur Lisandro qui voulait renouer avec le chemin des filets. L’Argentin se retrouva face à Reina et sa frappe termina au fond des cages anglaises. Joie, larmes, éclats de voix, le public lyonnais appréciait ce retournement de situation digne des plus grandes équipes. Le coup de sifflet final retentissait, Aulas pouvait sourire : ce Lyon là ira loin !

Une scène qu'on espère voir souvent à Lyon

L’analyse :

Qu’on se le dise, Claude Puel, tacticien lyonnais, cherche désespérément son équipe type en Ligue des Champions depuis le début de cette année. Des essais, l’association de Gomis avec Lisandro Lopez, la seule titularisation de l’un ou l’autre comme avant centre. Bilan : pas de réelle découverte et pas de déclic montrant la fin de cette recherche. Hier soir, l’ancien entraineur Lillois a opté pour les titularisations de la « Panthère » et de l’Argentin. Seul problème, l’un des deux, Lisandro en l’occurrence, est voué à jouer sur le flanc de l’attaque. Pour le reste de la formation lyonnaise, un 4-3-3 habituel.

Sur l’autre banc, Rafael Benítez, handicapé par l’absence pesante de son moteur, j’ai nommé Steven Gerrard, avait composé un 4-2-3-1. En défense, le gros changement était le placement de Carragher sur l’aile droite. Ajoutés à ça, deux milieux récupérateur, Lucas et Mascherano et 3 milieux à Vocation offensive, Kuyt, Voronin et Benayoun. Et enfin, en attaque, El Nino, diminué par une blessure.

A Liverpool, si Torres et Insua ont intéressé, Voronin et Carragher ont déçu. Seul attaquant en pointe des Reds, hier soir, El Nino a essayé à chaque moment de créer le danger. Diminué par sa blessure, il n’a pas pu être à 100% dans ses duels. A seulement 20 ans, Emiliano Insua, formé au Boca Juniors, se fait sa place en tant qu’arrière gauche de Liverpool. Ne lâchant rien et fort de bons centres adressés à Voronin et Torres, le petit Insua deviendra grand. Parmi les déceptions anglaises, l’attaquant Ukrainien, Andriy Voronin. Toujours en quête de but, celui-ci abordait le match à Lyon avec beaucoup d’espoirs. Malgré sa titularisation et son occasion en un contre un avec le portier lyonnais, l’Ukrainien n’a pas su saisir sa chance, dommage. On finit dans les déceptions avec le match de Carragher. Déplacé à droite, l’Anglais n’a pas semblé à l’aise. Dans le collimateur de l’arbitre très rapidement, le défenseur s’est retenu durant la suite du match.

Du côté lyonnais, la panthère n’était pas au rendez-vous. Gomis, trop lent dans ses déplacements, n’a pas convaincu. Souvent trop esseulé en attaque, Gomis a souffert. Pendant que certains rendaient une pâle copie de leur match, d’autres confirmaient leur bonne forme. C’est le cas d’Hugo Lloris, le gardien de l’équipe de France, qui a réalisé 4 parades de très grande classe. Que ça soit dans ses détentes ou ses réflexes, il est au top. Assommé et sorti sur civière à l’aller, Cris avait permis la découverte de Maxime Gonalons. Hier soir, costaud et parfait dans ses duels, notamment avec Torres, « Cris le policier » est de retour. Pour finir, Michel Bastos, le technicien brésilien, a réalisé un bon match. Il a montré plusieurs fois son talent technique par ses dribbles mais a manqué d’un petit quelque chose en finition.

Grâce à leur match nul arraché sur le fil, les Lyonnais se sont qualifiés pour les huitièmes de finale, une habitude pour eux depuis plusieurs saisons. Cependant, cette année, l’équipe semble à un niveau plus élevé que celui des dernières saisons. Un gardien au top, un défenseur central retrouvé et un attaquant de qualité, l’OL a tout pour aller le plus loin dans la compétition. A Liverpool, la qualification pour le reste de la compétition est très compromise. En effet, les joueurs de Rafael Benitez n’ont plus leur destin entre leurs mains et devront espérer des faux pas de la Fiorentina. Ces dernières saisons, on n’a pas connu une Ligue des Champions sans Liverpool mais ça ne saurait tarder.

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