Ca y est, Bordeaux est le premier club français qualifié pour les huitièmes de finale de Ligue des Champions . Hier soir, dans l’antre de l’Allianz Arena, les Girondins se sont imposés 2 à 0 contre un Bayern Munich, dépassé en premier mi temps, mais manquant d’un réalisme frappant en seconde . Retour sur la Rencontre .
Le Match :
Pourquoi changer une équipe qui gagne ? Personne n’a encore trouvé la réponse à cette question, ni même Laurent Blanc, le grand stratège . C’est donc sans surprise que l’entraîneur girondin a reconduit son équipe type qui fait ravage depuis ce début de saison . 4-3-2-1 , une défense compacte qui prend de plus en plus d’assurance , de sécurité au milieu, et un peu d’ingéniosité mélangée à de la rapidité dans le domaine offensif . Voilà la plus belle arme des Girondins, un effectif bien huilé, qui se connaît de mieux en mieux . Côté Bavarois, la confiance a du mal à refaire surface . Peu convainquants en Bundesliga, Robben et ses nouveaux potes voient l’avenir de cette saison 2009/2010 bien orageux . Pour continuer à rêver d’une première place dans ce groupe A , les Bavarois doivent gagner impérativement ce soir . Louis Van Gaal , toujours imprévisible dans ses choix, décide pourtant, contre toute attente, de laisser Robben sur le banc …
Comme à l’aller, ce sont les Bavarois qui dès le début de match cherchent à mettre en difficulté des Girondins, qui se contentent de défendre et de récupérer la balle dès que possible . Dès la quatrième minute, Carrasso s’illustre par une parade, suite à un tir-centre de l’Hollandais Braafheid . Munich pensait tenir l’ouverture du score…, mais c’était sans compter sur Cédric Carrasso, qui arborait ce soir , une tenue on ne peut plus attirante . Le Bayern continue d’avoir la main mise sur le ballon, et ce pendant une vingtaine de minutes, sans pour autant inquiéter plus que ça les Bordelais très bien organisés, et toujours bien placés . Petit à petit, les Girondins vont revenir dans le match, et imposer leur jeu . Récupération, Domination, et détermination . Du jeu à une touche de balle, des montées des défenseurs sur les ailes , une entente parfaite entre Chamakh et Gourcuff, et voilà la machine Bordelaise en route . Il ne faut qu’attendre un coup franc bien placé pour voir Bordeaux ouvrir la marque . Patte de Wendel – Tête de Gourcuff , et tous les Girondins se sautent dans les bras . But amplement mérité pour une équipe qui maîtrise de plus en plus le match, prenant des allures dramatiques pour le Bayern. Ce dernier aurait pourtant pu revenir au tableau d’affichage, mais Klose , à bout portant, voyait son tir freiné par une main de Ciani . Dommage pour les Bavarois, heureusement pour les Girondins, l’arbitre n’a rien vu ! La première mi temps s’achève peu à peu, Bordeaux, malgré les deux occasions du Bayern , prend l’ascendant facilement sur cette équipe d’Allemagne, qui ne sait plus quoi faire . Comme : » qui ne saute pas n’est pas Lyonnais » avait dominé » You’ll never walk alone » il y a deux semaines, les « Girondins – Girondins » clamés par les 1200 supporters Bordelais ayant fait le déplacement, prennent le dessus sur des applaudissements Bavarois…. très aigüs.
Rassurants en première période, les Girondins le seront beaucoup moins en seconde . Il faut dire que le Bayern a du mal à accepter qu’une équipe française vienne le terrasser chez lui . La rentrée de Robben dès la reprise est synonyme de sang neuf et d’envies pour le club Allemand . Tout de suite dangereux, la recrue Bavaroise oriente le jeu Munichois et s’applique dans ses passes. Le Bayern pense tenir la réduction du score, mais Toni, après s’être infiltré dans la surface, est pris en sandwich par la défense girondine, et ne parvient pas à se mettre sur son pied d’appui. Pour affuter un peu plus son attaque qui peine à marquer , Van Gaal n’hésite pas à remplacer Braafheid, défenseur gauche, pour Mario Gomez . Choix surprenant, d’autant plus que Braafheid était un des meilleurs joueurs côté Bavarois sur la pelouse . Le club allemand évolue maintenant sous un 3-5-2 , avec en pointe, un duo Gomez- Toni , et un milieu où Robben empoche le rôle de meneur de jeu . Petit moment d’inquiétude pour Laurent Blanc qui voit son équipe pressée et incapable de se relancer . Arjen Robben puis Gomez ont tour à tour l’occasion de marquer, mais un soupçon de chance, et un grand Carrasso permettent de garder les cages girondines intactes . Van Gaal le sent, son club est clairement, à ce moment du match, dans de meilleures conditions que son adversaire mais fait preuve d’un manque de réalisme inquiétant, qui pourrait bien lui coûter sa place en huitième de finale de cette Champion’s League. Le jeu s’apaise petit à petit dans les vingts dernières minutes , le Bayern pousse mais » balance » trop vers l’avant des ballons inutiles qui ne trouvent pas preneur. Bordeaux et sa défense continuent de lutter, et les Girondins dans les dernières minutes de ce match , sortent un peu la tête de l’eau . C’est alors que tout va très vite . Robben côté gauche se retrouve en situation de marquer, mais sa tentative est stoppée net par Carrasso bien en place . De suite, les Girondins relancent , passe en profondeur de Fernando pour Chamakh , le dernier défenseur munichois se retrouve pressé par l’attaquant marocain qui ne lâche rien . Incompréhension du portier munichois Butt qui sort trop haut, lui et son dernier défenseur regardent ensemble les dégâts . Chamakh afflige le coup de grâce au Bayern, et assure la qualification pour les hutièmes à Bordeaux . Bravo !

Premier but en Ligue des Champions cette saison pour Gourcuff Junior . Espérons que ce ne soit pas le dernier !
L’analyse par équipe :
Bordeaux : Une fois de plus, les Girondins montrent que leur football est ce qui se produit de mieux cette année en France . Sur la scène européenne, ils permettent au football français de reprendre des couleurs . Hier soir, très bien en place, et toujours très rigoureux dans leurs placements, les Bordelais ont montré qu’ils avaient des ressources pour tenir le score . Trois joueurs sont, pour moi, sortis du lot : Gourcuff et Chamakh tout d’abord, le tueur, et le meneur, l’intelligence et le bon choix, la simplicité et la rapidité . Encore une fois, le tandem franco-marocain a animé l’attaque Bordelaise . Avec un rôle de 9 et demi, Yoann Gourcuff peut, en même temps, jouer comme meneur de jeu, très coopératif avec les milieux, mais aussi comme semi attaquant, pour épauler Chamakh. Le troisième joueur dont je retiendrais la performance aujourd’hui, est Cédric Carasso. Auteur de superbes détentes, le portier Bordelais a su rassurer sa défense lorsque celle-ci pénait à se dégager. Ni Robben, Toni ou autre Klose n’auront trouvé le bon moyen de faire rompre ce gardien qui, au fil des matchs, s’améliore et montre que sa place de Gardien numéro 3 en Equipe de France n’est pas volée. Si ces trois joueurs sortent du lot de par leurs très bonnes performances, d’autres m’ont agréablement surprise . Trémoulinas, le jeune girondin a été très en jambes hier soir, et a su par quelques bonnes montées permettre à Bordeaux de repartir de l’avant . Malgré tout, il est sûr qu’il manque d’expérience au niveau européen et ne peut pas toujours faire les bons choix … Et Plasil, l’expérimenté. Des récupérations en milieu de terrain, peu d’erreurs, Jaroslav Plasil a livré une bonne copie pour ce match , et sa titularisation maintenant habituelle au sein de l’effectif Girondin n’est pas une surprise . De plus, ce dernier a un très bon feeling avec Mathieu Chalmé .
Bayern : Il faut encore du travail au Bayern Munich pour retrouver le niveau d’il y a deux ans, lorsqu’il remportait son dernier titre de Champion d’Allemagne . Aujourd’hui, l’ogre allemand ne fait plus peur … Certains mettent ça sur le compte de la blessure de Frank Ribéry , mais le Bayern ne traverse t-il pas ce que Chelsea a connu lors des passages d’ Avram Grant et Scolari ? Une équipe qui se cherche constamment, et qui a des difficultés à marquer ? La défense quant à elle, s’acharne à monter haut, voir trop haut, quitte à se faire prendre en contre , comme on a pu le voir sur le but de Chamakh . Autour de ces déchets techniques trop importants, on peut tout de même trouver un ou deux points positifs : Robben, celui qui , par son entrée, apporte envie et renaissance au Bayern . Mais alors, si Robben est l’homme qui peut débloquer la situation , pourquoi ne pas le titulariser d’entrée ? Que cherche Van Gaal en alignant pour commencer Klose, qui ne marque quasiment plus ? D’autre part, pourquoi, par un changement, remettre en question toute l’organisation d’une équipe ( cf : rentrée de Gomez ) ? C’est là où les Girondins ont eu ce soir un temps d’avance sur le club Allemand, quand Laurent Blanc opère des changements, c’est le plus souvent du poste par poste, et on voit le résultat ! Quand on regarde de plus près le jeu produit par le Bayern durant cette phase de poule, on se demande bien s’il mérite d’accéder aux huitièmes de finale en Champion’s League, mais, comme la Juve s’est imposée au Maccabi Haïfa , cela s’annonce de plus en plus compliqué !
Footballwrite


2 commentaires
5 novembre 2009 à 18:01
Qualifié pour la Ligue des champions? pour les huitièmes tu veux dire…
4 novembre 2009 à 22:45
A la fin, tout le monde est monté comme tu le dis, mais c’est normal. A 0-1, 85ème minute, tu n’as pas vraiment le choix…