Je vous l’avais promis, la voilà. La deuxième partie de l’entretien avec Patrick Lapeyre, où Monsieur l’écrivain nous donne son ressenti sur le PSG. Bonne lecture
Ton club de cœur a toujours été le PSG, le penses-tu capable lors de cet exercice de réaliser une saison aussi bien que la précédente ?
« L’année dernière, les Parisiens subissaient encore le contrecoup de deux années désastreuses qui les avaient psychologiquement marqués. Aujourd’hui un certain équilibre a été trouvé avec une meilleure attaque et je les trouve plus solides. Le fait d’atteindre la sixième place l’an passé les a rassurés. Bien que Paris soit une équipe étrange et qu’on puisse s’attendre à tout, ils sont capables de terminer dans les 4 premiers en 2010. »
Ces trois dernières années, l’organigramme du club a beaucoup changé. Estimes-tu que des mauvaises décisions ont été prises à un moment ou un autre?
« C’est très difficile de juger lorsque l’on est complètement extérieur au club et un simple supporter. Moi je n’ai pas de jugement sur Bazin ou sur d’autres personnages qui sont à la direction du club, parce que là il y a des enjeux financiers, quasi politiques qui m’échappent totalement. Le PSG est un club très compliqué où beaucoup d’influences contradictoires viennent du milieu financier que représentent Bazin, la Marie de Paris et les médias. Tous ces éléments font que c’est un club assez chaotique. Je regrette d’ailleurs qu’il n’y ait pas un deuxième club à Paris qui permettrait aux tensions d’être divisées par deux. Là le PSG est tout de même le club de toute l’agglomération Parisienne donc de 12 millions d’habitants et en quelque sorte c’est exorbitant de voir qu’un club, un seul, représente toute cette population. En ce moment les tensions sont tellement fortes que le club risque à tout moment de craquer. »
Et quand vois-tu le prochain titre national pour le club de la capitale ?
« Le prochain titre national, je ne sais pas. À mon avis, pas cette année, on peut en revanche l’imaginer d’ici deux à trois saisons, mais tout dépendra de l’évolution du club. Il est évident que le PSG doit changer de dimension. Pour porter l’étiquette de numéro 1, il faut déjà jouer au maximum la carte de l’engagement financier, comme les clubs anglais, italiens ou espagnols. Pour l’instant, en France, il n’y a que Marseille et Lyon qui jouent cette carte. Si Paris veut être champion, il devra presque multiplier son budget par deux. Après oui, le football est un sport mystérieux, et lors d’une mauvaise période de Bordeaux, Marseille ou Lyon (que les compétitions européennes fatigueront sûrement), il peut se faufiler sur la première place du podium, mais il ne pourra rééditer cet exploit la saison d’après. Les dirigeants doivent faire un choix, jouer l’Europe et avoir les moyens de devenir un grands club européen, ou rester uniquement un bon club français. Pour y parvenir, il faut néanmoins trouver des sponsors, des moyens financiers, ainsi que quelqu’un de très brillant comme a été Aulas à la tête de Lyon. Il n’y a pas de grand club sans grand patron. Bazin est un homme tout à fait respectable dans son domaine financier, mais je ne pense pas qu’il est l’étoffe d’un grand patron. Il faut au PSG, un grand homme qui puisse les placer dans les 10 meilleurs clubs européens! »
En 40 ans, quelle a été pour toi la meilleure période parisienne?
« Oh, les années magiques tout le monde les connaît. Ray, Ginola, Weah, Ronaldinho, là, le PSG faisait rêver. On avait l’impression qu’il était capable de battre n’importe qui. Malgré tout, les grands clubs européens ne s’étaient pas encore construits. Depuis que les machines européennes se sont mise en marchent comme le Real, Manchester, ce sont des clubs qui deviennent inaccessibles pour le PSG. L’écart s’est creusé. »
Autrement:
Coupe du monde 98 ou Euro 2000?
« Euro 2000. L’année 98 fut magique car on remporta la coupe du monde pour la première fois, mais je pense que 2000 marque vraiment le pic de l’équipe de France, qui gagne plus d’expérience et de maturité sans pour autant changer ses joueurs. En y repensant, je pense vraiment que l’EDF a été au sommet de son art en 2000. »
Zidane ou Platini?
« Platini. Comparaison difficile, mais je préfère Platoche. Il est plus proche de ma génération et incarne un football différent, bien moins physique que celui de Zidane. Ce qui m’impressionnait chez Platini c’était son intelligence. Avec un physique pas très brillant, il marquait de nombreux buts, et en plus il jouait au milieu de terrain! »
Pauleta ou Ginola.
« Ginola, spontanément. Si on fait un bilan chiffré, il est évident que celui de Pauleta est plus impressionnant que celui de Ginola. Malgré tout, ce dernier était un buteur brillant, séduisant, imprévisible. Il avait aussi un côté esthétique. Quand crinière au vent, Ginola s’avançait vers les buts, tout le parc explosé. (Sourire) »
Dernier choix (piège), un bon livre ou un PSG-Marseille au Parc des Princes?
« Un bon livre, sans hésiter, parce que ça dure plus longtemps. Il n’y a que deux rencontres entre les deux ennemies dans l’année. Oui, j’adore voir Paris battre Marseille, mais j’ai l’impression que les victoires d’une année deviennent des défaites l’année suivante et vice versa. »
Merci Patrick
Propos recueillis par Footballwrite.
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